Andrew Stanton, réalisateur oscarisé de WALL-E et Finding Nemo, revient avec ‘In the Blink of an Eye’, un film de science-fiction ambitieux mêlant trois époques distinctes qui sortira sur Disney+ et Hulu le 27 février 2026. Malgré l’obtention du prestigieux Alfred P. Sloan Prize au Sundance Film Festival, le film divise la critique avec seulement 17% sur Rotten Tomatoes, soulevant des questions sur cette œuvre introspective portée par Rashida Jones et Kate McKinnon.
Points clés à retenir
- Le film propose une structure narrative tripartite reliant la préhistoire néandertalienne, le présent contemporain avec une anthropologue (Rashida Jones), et un futur spatial où Kate McKinnon lutte contre une maladie menaçant l’écosystème des vaisseaux spatiaux
- Andrew Stanton s’inspire des maîtres du genre comme Kubrick, Paul Thomas Anderson et Christopher Nolan pour créer une œuvre mêlant visuels épiques et méditation philosophique sur la condition humaine
- Le casting original mélange acteurs comiques et dramatiques, avec Rashida Jones, Kate McKinnon dans un rôle inhabituel, Daveed Diggs, et Jorge Vargas incarnant une famille néandertalienne
- La production s’est déroulée rapidement à Vancouver du 24 mars au 16 mai 2023, avec une sortie stratégique en streaming exclusif sur Disney+ et Hulu plutôt qu’en salles traditionnelles
- Malgré l’ambition artistique et le Prix Alfred P. Sloan au Sundance, la réception critique reste mitigée avec 17% sur Rotten Tomatoes, divisant entre déception narrative et appréciation de la démarche poétique innovante

Le retour d’Andrew Stanton sur le devant de la scène cinématographique avec son nouveau film a suscité une grande attente, notamment parmi les amateurs de science-fiction et d’œuvres introspectives. Réalisateur oscarisé pour des classiques de l’animation tels que WALL-E, Finding Nemo, et Finding Dory, Stanton signe un projet ambitieux intitulé In the Blink of an Eye, qui promet de mêler émotion, réflexion et visuel épique.
La première mondiale du film a eu lieu lors du Sundance Film Festival le 26 janvier 2026, où il a été honoré du prestigieux Alfred P. Sloan Prize, récompensant l’excellence dans le cinéma mêlant science et arts. Peu après, la bande-annonce officielle, publiée le 3 février 2026 par Searchlight Pictures et Hulu, a laissé entrevoir des thématiques fortes autour de l’espoir, de la connexion humaine et du cycle éternel de la vie, suscitant un engouement certain. Cependant, la réception critique ne s’est pas révélée aussi triomphale, avec un score mitigé affiché sur Rotten Tomatoes à seulement 17 % au Tomatometer, basé sur 18 critiques, et des notes moyennes oscillant entre 4/10 et 5.5/10 selon les sources.
Cette dualité entre importantes ambitions artistiques et accueil critique réservé pose ainsi les bases d’une discussion approfondie sur l’œuvre, ses enjeux et ses choix narratifs. Afin de mieux appréhender cette création, nous analyserons dans un premier temps le triptyque temporel qui structure le récit, lié à trois époques majeures. Puis, nous nous pencherons sur la démarche ambitieuse d’Andrew Stanton, inspirée des plus grands classiques du cinéma de science-fiction. Nous examinerons également le casting singulier mêlant acteurs de comédie et de drame, avant d’aborder la production express et la stratégie de sortie via les plateformes Disney+ et Hulu. Enfin, nous conclurons sur la réception critique et les leçons à tirer de ce projet controversé.
Un triptyque temporel liant Néandertaliens, présent et futur spatial
Le cœur de In the Blink of an Eye repose sur une structure narrative audacieuse qui relie trois temporalités distinctes pour explorer la condition humaine dans toute sa complexité. Ce triptyque comprend la préhistoire, le présent contemporain, et un futur spatial situé à deux siècles d’ici.
La première partie nous plonge dans la vie d’une famille néandertalienne dirigée par le père interprété par Jorge Vargas, la mère incarnée par Tanaya Beatty, et leurs deux filles jouées par Skywalker Hughes et Tatyana Rose Baptiste. Cette tribu primitive, confrontée à la survie dans un monde hostile, maîtrise des outils rudimentaires et se voit chassée de son territoire, illustrant le lien intime entre humanité et environnement dans un contexte archaïque. Cet ancrage dans la préhistoire met en lumière les origines de la quête de connexion et de continuité qui traverse le film.
En parallèle, la trame contemporaine présente Claire, une anthropologue incarnée par Rashida Jones, et Greg, un scientifique joué par Daveed Diggs. Leur relation naissante et leurs recherches évoquent un miroir direct avec les découvertes et blessures de nos ancêtres, faisant écho aux mêmes questionnements intemporels.
Cette partie actuelle sert de pont narratif entre passé et futur, ancrant le spectateur dans une temporalité familière tout en soulignant l’héritage et la transmission. Enfin, le futur, situé environ 200 ans plus tard, suit le personnage de Coakley, campé par Kate McKinnon, qui lutte avec l’intelligence artificielle du vaisseau spatial qui les transporte dans une mission cruciale. Celle-ci fait face à une maladie menaçant l’écosystème des plantes à oxygène indispensables à la vie dans l’espace.
Cette partie projetée questionne l’avenir et la pérennité de l’humanité à travers l’exploration spatiale et les menaces écologiques imminentes. Cette triple temporalité n’est pas simplement une juxtaposition mais une expérience narrative immersive qui cherche à faire ressentir au public la continuité de l’expérience humaine, de la survie primitive jusqu’aux défis futuristes.
Le film use d’exemples concrets issus des sciences humaines et naturelles pour légitimer son propos, tout en intégrant des cas pratiques comme la recherche anthropologique moderne et les problématiques environnementales futuristes. Cette structure, bien que complexe, invite à une réflexion profonde sur la mémoire collective, les cycles de la vie, et la nature universelle du désir de connexion et d’espoir, offrant ainsi un cadre riche pour aborder les questions qui dépassent la simple narration cinématographique.

Andrew Stanton : un projet ambitieux inspiré des maîtres du sci-fi
Le retour d’Andrew Stanton sur un format narratif live-action marque une étape importante dans sa carrière, qui jusque-là a majoritairement brillé dans l’animation. Réalisateur acclamé et oscarisé, notamment pour WALL-E, Finding Nemo et Finding Dory, Stanton s’inspire ici de références majeures du cinéma de science-fiction et du drame psychologique. Parmi ses influences déclarées figurent Stanley Kubrick avec 2001, l’Odyssée de l’espace pour la profondeur philosophique et l’esthétique sophistiquée ; Paul Thomas Anderson avec Magnolia pour la complexité narrative et la richesse des personnages ; ainsi que Christopher Nolan avec Interstellar, qui mêle exploration spatiale et émotions humaines dans un récit ambitieux.
Ce mélange éclectique témoigne de la volonté de Stanton de repousser les limites du genre et de proposer une œuvre à la fois intime et grandiose. Le scénario, rédigé par Colby Day, un scénariste dont la pièce Black List 2016 Spaceman a été remarquée pour son originalité, apporte une fraîcheur et un souffle contemporain au projet.
Produit par Jared Ian Goldman, reconnu pour son travail sur des films indépendants de qualité, le projet bénéficie ainsi d’une équipe expérimentée, capable d’équilibrer la dimension artistique et les contraintes de production. La bande-son, quant à elle, est signée Thomas Newman, collaborateur historique de Stanton, qui a composé les musiques de ses précédents succès animés. Sa capacité à créer des atmosphères sonores évoquant l’émotion et la réflexion renforce considérablement la portée du film.
Ce choix musical joue un rôle essentiel, car il contribue à accompagner le spectateur dans ce voyage à travers le temps et l’espace tout en soulignant la portée universelle des thèmes abordés. Par ailleurs, l’ambition du projet est manifeste dans sa volonté de fusionner des genres et des styles, alliant visuels épiques, moments d’intimité émotionnelle, et méditation philosophique.
La confrontation de la science et de l’art, la mise en valeur de la poésie narrative dans un cadre futuriste, puisant dans les sciences humaines et naturelles, intitulent le film comme une œuvre à la fois esthétique, réflexive et innovante au sein d’un paysage du cinéma de science-fiction souvent dominé par l’action et les effets spéciaux. Ce choix audacieux s’inscrit dans la tradition des grands maîtres qui ont fait du genre un vecteur d’interrogations existentielles, mais il confronte également Stanton à un défi considérable : parvenir à captiver un public diversifié sans sacrifier la complexité thématique.
Casting stellaire mêlant comédie et drame
Le casting de In the Blink of an Eye reflète également cette dualité entre légèreté et gravité, avec des choix d’acteurs venus d’horizons différents, capables d’apporter une profondeur émotionnelle ainsi qu’une dynamique originale au récit. Rashida Jones, connue pour son rôle dans la série Parks and Recreation, incarne Claire, l’anthropologue du présent. Son jeu subtil et sa capacité à transmettre des émotions complexes en font un pivot parfait pour le segment contemporain du film. Elle apporte à la fois une présence rassurante et une sensibilité nécessaire pour incarner cette figure charnière entre le passé et le futur. Kate McKinnon, célèbre pour ses performances comiques dans Saturday Night Live, incarne Coakley dans le futur spatial.
Son casting surprenant témoigne de la volonté du réalisateur d’explorer de nouvelles facettes de son talent, lui offrant un rôle plus dramatique teinté de moments d’humour subtils, servant ainsi à humaniser la lutte contre la maladie menaçant la survie dans l’espace. Daveed Diggs, reconnu pour son rôle héroïque dans Hamilton, interprète Greg, le scientifique du présent. Son énergie charismatique et son jeu nuancé contribuent à instaurer une dynamique crédible et attachante avec Rashida Jones, renforçant la dimension relationnelle du film. Sur le plan préhistorique, Jorge Vargas, vu dans la série Snowpiercer, prête ses traits au père néandertalien, incarnant la force et la résilience nécessaires pour survivre dans des conditions extrêmes.
Tanaya Beatty, connue pour Yellowstone, joue la mère d’une manière empreinte de tendresse et de détermination, achevant ce portrait familial essentiel à la narration. Les rôles secondaires tenus par Yeji Kim et Tatyana Rose Baptiste viennent compléter cette galerie de personnages, offrant diversité et représentations crédibles des différentes époques. Ce mélange réussi entre talents comiques et dramatiques apporte une richesse et une complexité supplémentaires au film, permettant de naviguer avec aisance entre moments d’émotion pure et instants plus légers, sans tomber dans le manichéisme ni la superficialité.
Le casting favorise également la transmission des thèmes du film, en incarnant chaque temporalité avec une authenticité et une nuance remarquables, rendant palpable le phénomène des cycles et des connexions humaines, thème central de l’œuvre.

Production express et sortie stratégique sur Disney+ et Hulu
La production de In the Blink of an Eye s’est caractérisée par une organisation rapide et efficace. Annoncé en octobre 2022 par Searchlight Pictures, le tournage situé à Vancouver s’est déroulé sur une période relativement courte, du 24 mars au 16 mai 2023, mettant en lumière un rythme parfois soutenu pouvant influer aussi bien sur la qualité artistique que sur la gestion logistique du projet. Le choix de Vancouver s’explique par ses infrastructures spécialisées et sa capacité à recréer des univers variés, indispensables pour les scènes préhistoriques, contemporaines et futuristes.
La sortie du film a été calibrée de manière stratégique. Plutôt que de viser une sortie traditionnelle en salles, le film a bénéficié d’une diffusion exclusive sur les plateformes Disney+ et Hulu le 27 février 2026. Ce mode de distribution reflète une tendance actuelle où les plateformes de streaming deviennent le vecteur privilégié pour certains films à forte dimension experientielle et thématique, permettant un accès facilité et une audience potentiellement plus large et diversifiée.
Le film, d’une durée d’1h34, porte un rating PG-13, indiquant la présence de contenu sexuel, de thématiques sérieuses et d’images sanglantes modérées, afin d’atteindre un public adulte tout en restant accessible. Cette classification met en avant la nature mature du propos, susceptible de susciter réflexion sans sombrer dans l’excès gratuit.
Ce choix éditorial souligne également la volonté de toucher à la fois les amateurs de science-fiction, les cinéphiles à la recherche d’une œuvre contemplative, et un public plus large grâce à la facilité d’accès. Une telle stratégie est aussi un pari sur la capacité du film à se démarquer dans un catalogue vaste et concurrentiel où l’attention des spectateurs est fragmentée. La production express conjuguée à une sortie numérique ciblée peut donc expliquer en partie les critiques mitigées, notamment autour de certains aspects techniques ou narratifs jugés moins aboutis par certains observateurs.
Toutefois, ces choix participent à une dynamique d’innovation dans la manière de concevoir, produire et diffuser un film de science-fiction contemporain, suivant les évolutions du marché et des usages des spectateurs.
Un sci-fi introspectif face à un public divisé
Au-delà de son aspect purement narratif, In the Blink of an Eye se présente comme une méditation sur le désir humain de connexion à travers les millénaires, mêlant visuels épiques et moments d’intimité émotionnelle. Cette approche introspective propose une expérience sensorielle et intellectuelle, où l’émotion se conjugue à la réflexion sur la place de l’homme dans le continuum temporel et écologique. Toutefois, malgré cette ambition artistique, la réception critique a été contrastée.
Sur Rotten Tomatoes, le film affiche un faible score de 17 % au Tomatometer, basé sur 18 critiques, avec des notes moyennes situées entre 4/10 et 5.5/10. Certaines critiques soulignent une déception relative, jugeant que le film ne tient pas toutes ses promesses et ne constitue pas le « comeback majeur » espéré pour Stanton.
Les reproches portent principalement sur un scénario parfois trop décousu, une narration qui peut apparaître confuse et des personnages qui manquent parfois de profondeur. Néanmoins, une partie du public et des critiques apprécie la tentative de renouvellement du genre et la dimension poétique du film, louant les images soignées et l’interprétation nuancée du casting. Ce clivage illustre les difficultés inhérentes à proposer un film de science-fiction ambitieux sur une triple temporalité, mêlant drame humain, enjeux écologiques et questionnements métaphysiques, dans un format relativement court.
Le film invite donc à un regard patient, multiplié par des visions répétées pour capter toute sa complexité. Au final, In the Blink of an Eye peut être vu comme un « laboratoire » cinématographique, un objet d’exploration artistique ouvert qui questionne la place du cinéma dans un contexte culturel en mutation. Son originalité et son cadre esthétique apportent une contribution notable au genre, même si elle est marquée par des imperfections et des débats.
Pour les spectateurs sensibles aux thèmes environnementaux, anthropologiques, et à la réflexion sur le temps, l’œuvre offre un matériau riche à analyser. Cette réception divisée montre aussi que le cinéma d’auteur et le cinéma grand public doivent souvent composer avec les attentes contrastées tout en poursuivant le chemin de l’innovation et de la qualité artistique.

Conclusion
In the Blink of an Eye d’Andrew Stanton représente un retour audacieux sur le univers du cinéma de science-fiction, alliant une triple temporalité émouvante et complexe à une démarche esthétique et narrative ambitieuse. Le film propose un regard unique sur la quête humaine universelle de connexion et de sens, en explorant les dynamiques entre passé, présent et futur à travers des personnages profondément incarnés. La mise en scène, rehaussée par la musique de Thomas Newman, apporte une atmosphère singulière qui mêle poésie, émotion et une réflexion écologique. Malgré une réception critique mitigée et des notes modestes, la production reste une étape importante dans la carrière de Stanton, illustrant les risques pris pour renouveler un genre parfois formaté.
Le choix d’une sortie en streaming via Disney+ et Hulu s’inscrit dans une stratégie contemporaine de diffusion, destinée à toucher une audience large et variée. Le casting équilibré entre comédie et drame, ainsi que la scénarisation inspirée des grands maîtres du cinema de science-fiction, apportent à l’œuvre une richesse humaine et artistique. En définitive, In the Blink of an Eye invite à dépasser les jugements hâtifs pour accueillir une œuvre qui, même imparfaite, pousse à la réflexion sur des enjeux essentiels du XXIe siècle : notre rapport au temps, à l’environnement et à l’autre.
Nous recommandons vivement aux passionnés de science-fiction et de cinéma d’auteur de découvrir ce film, pour en apprécier la profondeur et la singularité. Ce projet ouvre également la porte à de futures créations audacieuses et testimonie de la vitalité d’une industrie en perpétuelle évolution. Pour ne rien manquer des actualités cinéma et des sorties majeures, restez connectés aux plateformes officielles et suivez les critiques approfondies sur des sites spécialisés.





