Disney+ a discrètement supprimé la prise en charge de Dolby Vision dans plusieurs pays européens dont l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Belgique, le Portugal et la Pologne, privant ses abonnés Premium d’une qualité d’image supérieure sans réduction de prix. Cette décision découle d’un conflit de brevets avec la société InterDigital, qui a obtenu une injonction du tribunal de Munich accusant Disney de violation de brevets liés à la compression vidéo HDR.
Points clés à retenir
- La suppression de Dolby Vision et HDR10+ résulte d’une injonction judiciaire obtenue par InterDigital, société spécialisée dans les brevets technologiques, suite à des accusations de violation de brevets concernant la compression vidéo HDR
- Les abonnés européens Premium conservent le 4K UHD et HDR10 standard mais perdent l’accès aux formats HDR avancés qui offraient une meilleure dynamique de luminosité et un rendu des couleurs plus précis
- Disney a également désactivé la fonctionnalité 3D sur l’Apple Vision Pro dans les régions concernées, supprimant l’expérience MVHE (Multiview HEVC) pour ces utilisateurs spécialisés
- La plateforme maintient ses tarifs inchangés malgré la dégradation du service, provoquant la frustration des abonnés qui ne bénéficient plus pleinement des fonctionnalités payées
- Disney promet une restauration future de ces formats mais sans calendrier précis, la résolution dépendant de l’évolution du litige juridique et des éventuels accords avec InterDigital

Depuis plusieurs années, la qualité vidéo est devenue un critère essentiel pour les services de streaming, notamment avec l’apparition des formats haute définition comme le 4K UHD et les technologies avancées telles que Dolby Vision et HDR10+. Ces formats permettent une expérience visuelle bluffante avec des couleurs plus riches, une meilleure luminosité et un contraste amélioré, offrant ainsi une immersion inégalée aux abonnés. Pourtant, une récente décision prise par Disney+ vient chambouler ce panorama, en privant certains abonnés européens d’un élément clé de cette qualité d’image: Dolby Vision. Cette annonce a déclenché une véritable onde de choc chez les utilisateurs, qui voient leur expérience dégradée sans baisse concomitante des prix.
Pourquoi Disney+ désactive-t-il ce format ? Quels sont les pays concernés ? Quelles sont les raisons techniques ou juridiques derrière cette décision ? Enfin, quelles conséquences pour les abonnés et quelles alternatives restent disponibles ? Autant de questions auxquelles il est primordial de répondre pour comprendre l’ampleur du problème et ses enjeux dans un marché du streaming concurrentiel.Disney+ prive les abonnés européens de Dolby Vision, HDR10+ et même de la 3D sur certains équipements exclusifs comme l’Apple Vision Pro. Cette suppression n’est pas due à un hasard technique.
Dès la fin 2025 en Allemagne, puis dans d’autres pays européens comme la France, les Pays-Bas, la Belgique, le Portugal et la Pologne, Dolby Vision a été désactivé sur la plateforme. Cette mesure spectaculaire et discrète laisse les utilisateurs des services Premium se sentir lésés : bien que profitant encore du 4K UHD et du HDR10 standard, ils perdent l’accès à un format HDR clé, qui apportait une qualité d’image supérieure au standard HDR10. Pourtant, le prix de l’abonnement reste inchangé, aggravant la frustration des abonnés.
Pour compliquer les choses, Disney a supprimé toute mention de Dolby Vision des pages de support en Europe et même aux États-Unis, ce qui laisse penser que le problème pourrait dépasser le cadre initial et concerner un litige plus large. Dans cet article, nous allons analyser en profondeur les conséquences de cette suppression, en s’intéressant d’abord aux raisons légales connues sous-jacentes, puis à l’impact concret sur la qualité d’image, avant d’explorer les réactions des utilisateurs et les perspectives d’avenir, et enfin aborder les conseils à suivre pour les abonnés concernés.
Le conflit de brevets InterDigital, cause cachée de la suppression
Le retrait spectaculaire de Dolby Vision et d’autres formats HDR par Disney+ en Europe s’explique principalement par un conflit juridique. Au cœur de ce litige se trouve la société InterDigital, connue pour son rôle dans la propriété intellectuelle autour de la technologie mobile et des codecs vidéo. En 2024, le tribunal régional de Munich a émis une injonction à l’encontre de Disney, l’accusant de violation de brevets concernant la compression vidéo HDR en streaming. Ces brevets, détenus par InterDigital, concernent des technologies utilisées implicitement dans la diffusion en Dolby Vision et dans la gestion des flux vidéo à haute dynamique.
InterDigital, qualifié par certains d’experts de ‘patent troll’ – terme désignant une entreprise exploitant agressivement des brevets sans forcément produire des innovations pour forcer des licences – n’en est pas à son coup d’essai. Elle a déjà lancé des procédures contre d’autres géants comme Amazon et Samsung. Aux États-Unis, un litige est également en cours mais sans injonction bloquant pour le moment l’utilisation de Dolby Vision ou du HDR10+ par Disney. Cette injonction allemande oblige Disney à désactiver certains formats dans les pays concernés, d’où la disparition soudaine de Dolby Vision, HDR10+ et même la 3D sur l’Apple Vision Pro dans ces zones.
Disney parle officiellement de ‘défis techniques’ sans confirmer ouvertement le lien avec les brevets, mais les éléments concordants dans les médias spécialisés laissent peu de doutes. La firme indique également travailler activement à une solution technique ou un accord pour rétablir ces formats. Ce conflit illustre la vulnérabilité des plateformes OTT (Over-The-Top) face à la multiplication des brevets technologiques et leur impact direct sur la qualité de service offerte aux consommateurs.

Conséquences concrètes sur la qualité d’image et expérience utilisateur
La désactivation de Dolby Vision n’est pas qu’une simple modification technique anecdotique. Pour les abonnés, surtout ceux qui ont opté pour l’abonnement Premium de Disney+, qui promettait justement une qualité image supérieure, c’est une perte majeure. Dolby Vision est une technologie HDR avancée qui offre une dynamique de luminosité plus élevée, un rendu des couleurs plus précis et un contraste optimisé par rapport au HDR10 standard. En simplifiant, c’est le format qui permet d’obtenir la meilleure image compatible sur un écran adapté, avec des scènes plus détaillées dans les zones sombres comme dans les zones très lumineuses.
Sur Disney+, en conservant uniquement le HDR10 et le 4K UHD, la plateforme reste techniquement impressionnante, mais la différence visuelle est notable pour les puristes et les utilisateurs équipés de téléviseurs ou projecteurs capables de tirer parti de Dolby Vision. Cette dégradation a suscité une vraie vague de mécontentement sur des forums spécialisés et des réseaux sociaux comme Reddit, où les abonnés allemands se sont manifestés dès la première annonce. Ils pointent du doigt l’absence de réduction de prix et la communication très limitée sur cet incident, soulignant un sentiment d’abandon pour cette partie européenne du service.
Autre aspect impacté : la 3D vidéo. Sur des équipements très spécifiques comme l’Apple Vision Pro, qui utilise la technologie MVHE (Multiview HEVC) permettant la lecture de contenus 3D de manière innovante, cette fonctionnalité a également été désactivée en parallèle. Cela entraîne une perte d’expérience exclusive pour ceux qui avaient investi dans ce matériel et s’attendaient à un contenu 3D accessible via Disney+. Au total, les conséquences sont ressenties tant dans la qualité visuelle que dans la diversité des options offertes dans certains pays, fragilisant l’attractivité perçue du service.
Réactions des utilisateurs et perspectives d’avenir
Face à cette situation dégradée, Disney+ tente d’apaiser les tensions en promettant une future mise à jour pour restaurer Dolby Vision et HDR10+ dans les régions affectées. Néanmoins, la durée de cette indisponibilité reste inconnue, tout dépendant de l’évolution du litige juridique avec InterDigital et des travaux techniques qui pourraient être nécessaires pour se conformer aux injonctions. Cette incertitude pèse lourdement sur les abonnés Premium, qui jugent que les fonctionnalités payées ne sont plus pleinement délivrées.
Par ailleurs, la suppression des références à Dolby Vision sur les sites de support Disney+ aux États-Unis suggère que Disney pourrait anticiper la hausse du risque d’autres interdictions dans d’autres régions. Au-delà de la frustration des utilisateurs, cette crise pourrait engendrer une perte de confiance, surtout dans un secteur où la fidélisation passe par la qualité et la transparence. Pour les clients, la recommandation est claire : vérifier régulièrement via l’application ou les pages officielles les formats HDR disponibles, surtout sur leurs appareils compatibles.
En cas d’insatisfaction prolongée, des alternatives comme Netflix ou Amazon Prime Video restent des options valables, ces services continuant de proposer Dolby Vision en Europe sans interruption. Enfin, la communauté reste attentive aux annonces officielles de Disney concernant des compensations ou solutions alternatives proposées afin d’atténuer l’impact sur la clientèle European Premium.

Historique et enjeux légaux autour de Disney et InterDigital
Les tensions entre Disney et InterDigital ne se limitent pas à l’Europe. Aux États-Unis, la société InterDigital a engagé des poursuites concernant des brevets relatifs aux technologies HDR employées dans le streaming vidéo. Bien qu’aucune injonction n’ait encore été imposée là-bas, la surveillance des pratiques de Disney est accrue. Il est également important de noter que Disney n’utilisait jusqu’ici jamais la technologie HDR10+ en Europe, comme cela avait pu être erronément indiqué lors de certaines communications à la suite de la pression exercée par InterDigital ou des conflits similaires. Ce contexte légal souligne que le contrôle des brevets et des droits technologiques devient un enjeu stratégique et économique majeur dans l’univers du contenu numérique.
Pour Disney, l’enjeu principal est de maintenir l’attractivité de son offre Premium dans un marché hautement concurrentiel, où Amazon Prime, Netflix et d’autres plateformes rivalisent via la qualité d’image. La perte d’une fonctionnalité aussi valorisée que Dolby Vision peut potentiellement affecter la fidélisation des utilisateurs, justifier des baisses tarifaires ou pousser au changement de service. Ces enjeux légaux traduisent une tendance globale vers une complexification réglementaire de l’industrie du streaming, où innovation technologique rime souvent avec bataille judiciaire désagréable pour les consommateurs.
Que faire en attendant la restauration de Dolby Vision ?
Pour les abonnés concernés en Europe, il est essentiel d’adopter une approche proactive. D’abord, il convient de vérifier régulièrement le statut de la prise en charge des formats HDR sur l’application Disney+ et par le biais de leurs pages d’aide qui ont été mises à jour pour refléter la situation sans Dolby Vision. Cela permettra de ne pas perdre de temps et d’adapter ses usages en conséquence. Ensuite, pour ceux qui disposent d’équipements compatibles Dolby Vision et ne souhaitent pas subir la perte de la qualité, il peut être judicieux d’explorer temporairement des alternatives comme Netflix ou Prime Video qui continuent à offrir pleinement les formats HDR avancés.
Dans certains cas, il peut être envisageable de rétrograder son abonnement ou d’opter pour des options moins coûteuses si la qualité de streaming reste une priorité et que la fonction principale payée est absente. Enfin, il faut suivre de près les annonces officielles : Disney a indiqué que des contacts personnalisés seraient pris avec ses abonnés Premium si des compensations ou solutions étaient mises en place. Reste à voir si cela se traduira concrètement par des réductions tarifaires, des mois gratuits, ou un accès anticipé à de nouvelles fonctionnalités. En somme, patience combinée à vigilance sont les deux maîtres mots dans l’attente d’un dénouement positif.

Conclusion
En conclusion, la suppression de Dolby Vision et autres technologies HDR avancées par Disney+ pour plusieurs pays européens en raison d’un conflit de brevets avec InterDigital représente un tournant significatif dans la qualité de streaming proposée aux abonnés. Ce cas met en lumière les conséquences directes des différends légaux sur l’offre de contenus numériques et interroge sur la protection des consommateurs dans un secteur en pleine expansion. Si la perte de cette fonctionnalité phare déçoit et suscite des critiques justifiées, elle oblige aussi à une prise de conscience sur la complexité technique et juridique derrière chaque option de qualité que nous avons l’habitude de considérer comme acquise.
À moyen terme, la résolution du litige et la restauration espérée de Dolby Vision seront décisives pour la réputation et la compétitivité de Disney+ en Europe. En attendant, les utilisateurs doivent s’adapter en vérifiant leurs options, en explorant des alternatives, et en restant informés des évolutions. Plus globalement, cette affaire rappelle que l’innovation et la propriété intellectuelle dans le secteur numérique doivent toujours être équilibrées pour ne pas sacrifier la qualité d’expérience des consommateurs.
Enfin, fidèle à son positionnement de leader du divertissement, Disney devra gérer cette crise avec transparence et réactivité afin d’éviter un impact durable sur sa base abonnés Premium, gage de sa croissance future. Pour tous les passionnés de vidéo haute qualité, cette affaire reste à suivre de près, car elle pourrait annoncer de nouvelles règles du jeu dans le streaming international.





