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Ca S’Est Passé Un… 18 Juin 1999 : Sortie de Tarzan

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Ca S'Est Passé Un... 18 Juin 1999 : Sortie de Tarzan

Chez Disney, on a souvent l’habitude de puiser les histoires dans les contes de fées européens : Cendrillon, Blanche-Neige, la Belle au Bois Dormant… Mais il arrive aussi que les studios aillent chercher un personnage déjà bien installé dans l’imaginaire populaire du XXe siècle. C’est ce qui se produit le 18 juin 1999, lorsqu’un homme élevé par des gorilles dans la jungle africaine débarque en grande pompe dans les salles de cinéma américaines.

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Ce jour-là marque la sortie nationale, aux États-Unis, de « Tarzan », le trente-septième Classique d’animation des studios Disney. Le personnage est directement inspiré d’une histoire de l’écrivain américain Edgar Rice Burroughs, publiée en 1912. Mais contrairement aux princesses de contes de fées, Tarzan n’est pas un personnage de folklore anonyme : il a déjà été adapté des dizaines de fois au cinéma, porté par des figures aussi célèbres que Johnny Weissmuller dans les années 1930. L’équipe du film doit donc composer avec cet héritage déjà bien installé dans la culture populaire.

Une production ambitieuse et deux innovations majeures

Le projet démarre en 1995. Le studio confie la réalisation à Kevin Lima, qui vient tout juste de terminer « Dingo et Max », et à Chris Buck, pour qui il s’agit là de sa toute première réalisation. Les deux hommes forment le duo qui portera ce projet ambitieux, doté d’un budget de production estimé à 130 millions de dollars — une somme considérable pour l’époque.

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Le film s’appuie sur deux innovations majeures. La première concerne l’organisation même de l’animation : l’équipe est répartie entre deux studios, l’un à Burbank, en Californie, l’autre au studio Disney de Montreuil, en région parisienne. C’est à Paris que travaille Glen Keane, l’un des animateurs les plus réputés du studio, chargé de superviser l’animation de Tarzan lui-même. Pour trouver la gestuelle si particulière du personnage — cette manière de se déplacer dans les arbres avec une fluidité presque acrobatique — Keane s’inspire directement des mouvements de skateboard, de surf et de snowboard que pratique son fils à l’époque. C’est cette inspiration qui donnera à Tarzan son énergie si reconnaissable à l’écran.

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La seconde innovation concerne les décors. L’équipe développe pour l’occasion une technique baptisée « Deep Canvas », qui permet de peindre des décors en trois dimensions grâce à l’image de synthèse, tout en conservant l’aspect et la texture d’une peinture traditionnelle. C’est cette technique qui permet à la caméra de traverser la jungle en pleine profondeur, de tourner littéralement autour des arbres, sans jamais perdre ce rendu peint et organique qui fait tout le charme visuel du film.

Phil Collins, l’autre grand pari du film

Les innovations visuelles ne sont pas les seules à marquer ce projet : la musique y occupe une place tout aussi centrale, portée par une véritable pointure du genre. Phil Collins est engagé dès 1995 pour composer les chansons, tandis que la partition orchestrale est confiée à Mark Mancina, déjà responsable de la musique du « Roi Lion ».

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L’anecdote reste extraordinaire : Phil Collins ne se contente pas d’écrire les chansons en anglais, il les réenregistre lui-même, avec sa propre voix, en français, en allemand, en italien et en espagnol, pour les différentes versions internationales du film — une véritable prouesse.

Une sortie événement et un succès au rendez-vous

Avant la sortie nationale, un véritable événement de lancement est organisé le 12 juin 1999 : une avant-première a lieu à l’El Capitan Theatre, en présence de toute l’équipe du film. Mais Disney ne s’arrête pas à une simple projection : la soirée se prolonge par un concert de Phil Collins, qui interprète en live l’intégralité des chansons du film, avec même une apparition surprise du groupe NSYNC, qui a collaboré à la chanson « Trashin’ The Camp ». La soirée est filmée et diffusée quelques jours plus tard à la télévision, dans un programme spécial intitulé « Tarzan in Concert with Phil Collins ».

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Six jours plus tard, le 18 juin, le film sort dans l’ensemble des salles américaines, projeté à l’époque sur des bobines de pellicule classiques. Mais le 23 juillet 1999, Tarzan est projeté dans trois salles seulement en copie entièrement numérique : une première dans l’histoire du cinéma, qui préfigure, avec vingt ans d’avance, la généralisation du numérique dans les salles du monde entier.

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L’accueil du film est très favorable. La critique salue particulièrement la qualité de l’animation — notamment les fameuses séquences de glisse dans les arbres — ainsi que la musique de Phil Collins. Le public répond également présent : en France, le succès est même spectaculaire, puisque Tarzan devient le deuxième plus gros succès de l’année 1999, juste derrière « Astérix et Obélix contre César » et devant « Star Wars, épisode I : La Menace fantôme » — un joli tir groupé pour un film qui devait pourtant se mesurer à des adaptations déjà bien connues du grand public.

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La reconnaissance ne s’arrête pas là : la chanson « You’ll Be in My Heart », la berceuse que Kala chante à Tarzan enfant, remporte à la fois le Golden Globe et l’Oscar de la meilleure chanson originale l’année suivante, tandis que la bande originale du film décroche également un Grammy Award.

Un clin d’œil discret à un autre classique

Un dernier détail mérite d’être signalé : un clin d’œil discret, glissé par les animateurs dans la scène où les gorilles s’invitent dans le campement des explorateurs en provoquant un joyeux chaos. Au milieu des objets du quotidien, on aperçoit furtivement une théière parmi les ustensiles. Et ce n’est pas n’importe quelle théière : il s’agit de Madame Samovar elle-même, accompagnée de Zip, venus tout droit de « La Belle et la Bête », sorti huit ans plus tôt. Un hommage discret d’un classique Disney à un autre, glissé au détour d’une scène qui n’a, en apparence, absolument rien à voir — mais qui ancre un peu plus Tarzan dans l’univers Disney.

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