YouTube a pris une mesure drastique en supprimant deux chaînes majeures, Screen Culture et KH Studio, qui cumulaient plus de 1,5 milliard de vues en publiant des fausses bandes-annonces générées par IA pour des franchises Disney, Marvel et autres. Cette décision intervient après des mois d’enquête révélant des pratiques frauduleuses, notamment le spam massif et l’utilisation de métadonnées trompeuses pour manipuler l’algorithme de la plateforme.
Points clés à retenir
- Les chaînes supprimées Screen Culture (Inde) et KH Studio (Géorgie) totalisaient près de 2 millions d’abonnés et avaient généré des revenus considérables avant leur démonétisation en mars 2025.
- Ces créateurs utilisaient des technologies d’IA comme Sora d’OpenAI et Veo de Google pour produire des fausses bandes-annonces extrêmement réalistes qui surpassaient parfois en popularité les trailers officiels.
- Disney a réagi en adressant une mise en demeure à Google concernant l’utilisation non autorisée de ses œuvres dans l’entraînement des intelligences artificielles.
- Malgré cette action exemplaire, des dizaines d’autres chaînes similaires continuent d’opérer sur YouTube, posant un défi majeur pour la protection des droits d’auteur à l’ère de l’IA.
- L’affaire soulève des questions fondamentales sur la régulation des contenus générés par IA et la nécessité d’une identification claire pour préserver la confiance des utilisateurs.

YouTube frappe fort : Screen Culture et KH Studio rayées après 1 milliard de vues
Le 18 décembre 2025 restera une date marquante dans l’histoire de la plateforme YouTube et du contenu généré par intelligence artificielle. Deux géants du streaming alternatif, Screen Culture en Inde et KH Studio en Géorgie, ont été supprimés définitivement. Ces chaînes totalisaient respectivement 1,4 milliard et 560 millions de vues, soit un cumul impressionnant dépassant le milliard et demi, avec près de 2 millions d’abonnés au total. Une sanction exemplaire qui intervient après des mois d’enquête sur des pratiques jugées frauduleuses : spam massif et utilisation de métadonnées trompeuses pour manipuler l’algorithme YouTube.
Ces chaînes, fondées autour d’une stratégie utilisant l’IA générative, publiaient de fausses bandes-annonces de franchises à succès comme Disney, Marvel, Avatar, Avengers, et Harry Potter. Ces vidéos, mêlant images officielles et créations d’IA (notamment Sora d’OpenAI et Veo de Google), ont trompé des millions d’internautes, créant une confusion importante autour de contenus non officiels mais très réalistes. Parallèlement, la monétisation de ces vidéos a été suspendue dès mars 2025, suite à la mise en place de mesures plus strictes par YouTube. L’enquête menée par Deadline, qui a permis de dévoiler ces pratiques, révèle un enjeu crucial pour la plateforme et les détenteurs de droits d’auteur.
Dans cet article, nous allons analyser en profondeur cette affaire, en commençant par le business des faux trailers qui a explosé les compteurs, puis les premières sanctions et la récidive calculée des chaînes. Nous aborderons ensuite la réaction des studios Disney et Marvel, en première ligne de ce scandale lié à l’IA, avant d’évoquer les réactions et les incertitudes futures. Enfin, nous conclurons avec une réflexion sur les enjeux plus larges autour de l’IA, des droits d’auteur et de la confiance sur le web.
Le business des faux trailers qui a explosé les compteurs
L’une des clés du succès – ou plutôt du scandale – de ces chaînes réside dans leur exploitation habile et agressive de l’algorithme YouTube. Screen Culture, par exemple, a publié jusqu’à 23 versions différentes d’une même vidéo, optimisées pour capter un maximum de vues et contourner les mécanismes de démonétisation et de suppression. Nikhil P. Chaudhari, fondateur de Screen Culture, a reconnu que son équipe comprenait une douzaine de monteurs dédiés à cette tâche, soulignant une organisation industrielle derrière ces publications.
Cette stratégie a permis à ces chaînes de générer des vues supérieures à celles des vrais trailers officiels. Par exemple, des vidéos de fausses bandes-annonces pour des franchises comme Warner Bros ou Sony ont accumulé des millions de vues, détournant ainsi les revenus publicitaires qui auraient dû normalement revenir aux studios détenteurs des droits. En lieu et place, ces gains ont alimenté des chaînes qui ne respectaient pas les règles en vigueur.
Le concept de fan trailer ou de parodie a été au cœur de cette controverse. Officiellement, ces vidéos étaient souvent présentées comme des créations de fans ou des parodies, mais la réalité était plus complexe. Ces contenus, produits à l’aide d’IA générative, mélangeaient images officielles et créations synthétiques, brouillant la frontière entre contenu autorisé et violation de propriété intellectuelle. Cette situation a mis en lumière une faille dans la politique de YouTube, qui n’avait pas anticipé une telle exploitation par des algorithmes automatisés.
Le contournement de la démonétisation et l’exploitation des franchises populaires ont donc créé un véritable business model parallèle, reposant sur la viralité et le volume de vues plutôt que sur la qualité ou l’authenticité des contenus. Cette dynamique a généré un afflux massif de vidéos à fort potentiel viral mais sans aucune légitimité officielle, posant un défi inédit à la plateforme.

Premières sanctions et récidive calculée
Face à cette situation, YouTube a d’abord adopté une approche graduelle. Début 2025, les chaînes concernées ont été confrontées à une démonétisation forcée. Cependant, plutôt que de disparaître, ces créateurs ont cherché à contourner la sanction en ajoutant temporairement des disclaimers mentionnant que leurs vidéos étaient des « fan trailers » ou des « parodies ». Cette manœuvre leur a permis de remonétiser certaines vidéos, avant de finalement retirer ces mentions.
Cette période a montré une certaine tolérance de YouTube, qui souhaitait probablement forcer une plus grande transparence sans pénaliser immédiatement des contenus qui, en apparence, pouvaient se justifier comme créations de fans. Malheureusement, la récidive de ces chaînes, combinée à la persistance des pratiques de spam et des métadonnées trompeuses, a conduit à une décision radicale : la suppression définitive des deux chaînes à la fin de l’année 2025.
Cette stratégie punitive illustre la difficulté pour YouTube d’appliquer ses règles contre le spam et les métadonnées trompeuses dans un contexte où l’intelligence artificielle permet de produire des contenus de plus en plus sophistiqués et difficiles à distinguer du contenu officiel. L’enquête Deadline du 18 décembre 2025 a mis en lumière ces pratiques, forçant la plateforme à adopter des mesures plus strictes et à montrer l’exemple.
Disney et Marvel en première ligne du scandale IA
Parmi les franchises les plus ciblées par ces fausses bandes-annonces, les univers Disney et Marvel occupent une place centrale. Les chaînes supprimées ont notamment diffusé de fausses annonces pour des titres très attendus comme GTA San Andreas 2025, un reboot de Malcolm ou encore Avengers Doomsday. Ces vidéos ont su exploiter la popularité de ces univers pour générer un maximum d’engagement et de clics.
Disney, en particulier, a réagi rapidement en adressant une mise en demeure à Google, dénonçant l’usage non autorisé de ses œuvres dans l’entraînement des intelligences artificielles utilisées pour générer ces contenus. Cette action s’inscrit dans un bras de fer juridique plus large sur la protection des propriétés intellectuelles à l’ère de l’IA. Il est intéressant de noter que Disney a récemment conclu un accord avec OpenAI, autorisant la génération de personnages Disney via l’IA, mais dans un cadre strictement contrôlé.
Cette affaire souligne les tensions entre innovation technologique et respect des droits d’auteur. Alors que l’IA ouvre de nouvelles possibilités créatives, elle soulève également des questions complexes sur la propriété des contenus générés, la responsabilité des plateformes et la protection des marques emblématiques. Pour en savoir plus sur l’importance de la fidélité aux valeurs et univers Disney, vous pouvez consulter cet article détaillé sur la fidélité comme valeur centrale dans l’univers Disney.

Réactions : « Le monstre a été vaincu » et incertitudes futures
Dans les coulisses, le créateur anonyme d’une des chaînes supprimées a commenté avec un certain soulagement : « Le monstre a été vaincu ». Cette déclaration témoigne d’un sentiment d’échec face à une plateforme qui durcit ses règles et cherche à protéger les droits d’auteur. Toutefois, les studios hollywoodiens concernés restent prudents et refusent pour l’instant de commenter la question de la redirection des revenus publicitaires détournés.
Pour YouTube, cette affaire pourrait bien être un tournant. Si la suppression de Screen Culture et KH Studio est un signal fort, des dizaines d’autres chaînes similaires continuent de prospérer, avec plusieurs centaines de milliers d’abonnés. La prolifération des contenus générés par IA pose un défi majeur pour la modération et la régulation, d’autant que l’algorithme favorise souvent la viralité au détriment de la véracité.
La question d’une régulation plus systématique se pose donc avec acuité. Le risque est que le phénomène s’amplifie, avec un impact négatif sur la confiance des utilisateurs et sur la qualité globale du contenu proposé. Ce contexte appelle à une réflexion collective sur les moyens de contrôler l’usage de l’IA sur les plateformes de partage, tout en préservant la créativité et la liberté d’expression.
Enjeux plus larges : IA, droits d’auteur et confiance web
Au-delà de cette affaire emblématique, les enjeux soulevés sont fondamentaux pour l’avenir du web et des médias numériques. Le risque de désinformation est réel : des vidéos très réalistes, mais totalement fausses, peuvent tromper le public et occuper des places privilégiées dans les résultats de recherche, au détriment des vrais trailers et contenus officiels. Cela fragilise la confiance des internautes et complique la tâche des créateurs légitimes.
Par ailleurs, les studios détiennent une responsabilité indirecte, notamment via les revenus publicitaires générés par ces contenus frauduleux. La nécessité d’une identification claire et transparente des contenus produits par IA devient une priorité, afin de distinguer ce qui relève de la création originale de ce qui relève de la synthèse automatisée.
Les discussions autour de la régulation de YouTube et des plateformes similaires sont donc cruciales. Elles impliquent des questions d’éthique, de respect des droits d’auteur, mais aussi d’équilibre entre innovation technologique et protection des consommateurs. Pour mieux comprendre l’importance des valeurs portées par Disney, et comment elles peuvent inspirer une éthique responsable, vous pouvez consulter cet article sur Ratatouille, un exemple de fidélité à ses rêves.
Conclusion
La suppression des chaînes Screen Culture et KH Studio par YouTube marque un tournant dans la lutte contre les abus liés à l’intelligence artificielle et aux pratiques trompeuses sur les plateformes de streaming. Avec plus d’un milliard de vues cumulées, ces chaînes ont démontré comment l’IA générative peut être exploitée pour créer un business massif basé sur de fausses bandes-annonces de franchises populaires. Les sanctions intervenues après des mois de tolérance montrent la détermination de YouTube à protéger ses utilisateurs et les droits d’auteur.
Cette affaire met en lumière les défis complexes que pose l’IA dans la création de contenu numérique : entre innovation, contournement des règles, et nécessité d’une régulation adaptée. Les studios comme Disney et Marvel, directement impactés, sont en première ligne pour défendre leurs propriétés intellectuelles, tout en explorant des partenariats encadrés avec les acteurs de l’IA.
À l’avenir, il sera essentiel de renforcer les mécanismes de contrôle et d’identification des contenus générés par IA pour garantir la confiance des internautes et préserver la qualité de l’écosystème numérique. Les plateformes devront trouver un équilibre entre ouverture à la créativité technologique et protection des droits fondamentaux, un enjeu majeur pour l’ensemble de la filière audiovisuelle.
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