Ca S’Est Passé Un… 12 Avril 1997 : Les 5 ans de Disneyland Paris


Certains anniversaires se célèbrent presque par habitude. D’autres prennent une saveur particulière, parce qu’ils marquent le moment où l’on peut enfin souffler après des débuts difficiles. Le cinquième anniversaire de Disneyland Paris, lancé le 12 avril 1997 sous le nom « L’Année de Toutes les Fêtes », appartient à cette seconde catégorie : le Resort avait connu à sa naissance des années financièrement compliquées.
Des débuts difficiles, puis le redressement
Le parc ouvre en 1992 sous le nom d’Euro Disney, dans un contexte économique européen compliqué. Les prévisions de fréquentation se révèlent vite trop optimistes, et les pertes financières s’accumulent dès les premières années d’exploitation, au point que la survie même du complexe est sérieusement mise en doute.

Il faut attendre 1994 pour qu’un vaste plan de restructuration financière stabilise un peu la situation. Cette même année, le 1er octobre, le complexe change de nom pour devenir Disneyland Paris, abandonnant l’appellation « Euro Disney », jugée trop associée aux difficultés de départ.
La situation s’améliore ensuite nettement, grâce à plusieurs nouveautés qui redynamisent le parc :
- 1995 : ouverture de Space Mountain : De la Terre à la Lune, une attraction majeure qui vaut au parc un Thea Award, la récompense la plus prestigieuse du secteur des parcs à thème.

- 1996 : inauguration du restaurant Buzz Lightyear Pizza Planet et de l’aire de jeux Pocahontas Indian Village.
La fréquentation, très en dessous des attentes au départ, repart clairement à la hausse, avec 11,7 millions de visiteurs en 1996. L’année 1997 fait encore mieux : c’est une année record, avec 12,6 millions de visiteurs sur douze mois, soit une troisième année consécutive de hausse.
Ce cinquième anniversaire tombe donc au moment précis où le parc peut démontrer, chiffres à l’appui, qu’il a surmonté ses difficultés. C’est ce qui explique que Disney mette les petits plats dans les grands.
Le 12 avril 1997 : une cérémonie et un château métamorphosé
Le jour du lancement, une cérémonie est organisée au pied du château. Moment marquant, Barbara Hendricks y interprète en personne un « Joyeux anniversaire Disneyland Paris » devant les visiteurs rassemblés. Pour beaucoup de ceux qui étaient là, souvent très jeunes à l’époque, le souvenir le plus fort reste celui du château complètement transformé.

Le château est en effet au centre de toute la mise en scène, et ce n’est pas une première. Dès le premier anniversaire du complexe, en 1993, le château de la Belle au Bois Dormant avait été habillé de structures gonflables en forme de pâtisseries pour devenir, le temps d’une célébration, un véritable « Château Gâteau ».

En 1997, la même logique est reprise dans un tout autre univers : les tourelles se retrouvent coiffées de chapeaux multicolores ornés de petites clochettes, clin d’œil direct à l’esprit carnavalesque du film Le Bossu de Notre-Dame. Ces décorations restent en place pendant toute l’année de célébrations.
Pourquoi la « Fête des Fous » ?
Le choix de cette thématique tient simplement à l’actualité. Disney a sorti Le Bossu de Notre-Dame en 1996, et l’une de ses scènes les plus marquantes est la Fête des Fous, menée par Clopin. Le film est un beau succès en Europe, avec près de 6,8 millions d’entrées rien qu’en France à la fin de 1996. Le parc choisit donc de s’approprier entièrement cet univers pour habiller le château.

Quasimodo devient l’une des figures les plus visibles du parc pendant toute cette période, multipliant les apparitions auprès des visiteurs.
Parade, feu d’artifice et spectacle : tous les leviers mobilisés
Les spectacles prolongent cette ambiance :
- « Le Carnaval des Fous » : cette parade remplace purement et simplement la parade Disney habituelle pendant toute la durée de l’événement. Elle met en valeur tous les personnages du film dans une cavalcade haute en couleur, avec Quasimodo en figure centrale entouré de ses amis. Une reproduction miniature de la cathédrale Notre-Dame avance au milieu des chars, entourée de gargouilles et de maisons reconstituées dans le style de l’époque du film. Plusieurs centaines d’artistes y participent et entraînent les enfants dans la danse, un souvenir qui reste durablement gravé dans la mémoire des visiteurs de l’époque.
- « Le Carnaval des Feux » : ce feu d’artifice inédit, lui aussi conçu à partir de l’univers du Bossu de Notre-Dame, remplace le spectacle pyrotechnique habituel.
- « Disney – La Musique et la Magie » : ce nouveau spectacle musical est présenté en journée au Videopolis.
Il y a là une vraie volonté de marquer le coup. Ce n’est pas une simple opération marketing de plus : le Resort affirme qu’il est parvenu à inverser la tendance, en mobilisant à peu près tous les leviers dont dispose un parc à thème.
Le point de départ d’une tradition
Cette date devient aussi le point de départ d’une tradition qui perdure aujourd’hui. Depuis 1997, Disneyland Paris célèbre un grand anniversaire tous les cinq ans, chaque fois avec sa propre parade, son propre spectacle nocturne ou sa propre cavalcade. On peut citer « La Parade des Rêves Disney », lancée pour les quinze ans du parc en 2007, ou plus récemment le spectacle de drones « Disney D-Light », conçu pour les trente ans du Resort en 2022.
Toute cette tradition des grandes célébrations quinquennales trouve sa première expression dans « L’Année de Toutes les Fêtes » de 1997. Pour un parc qui a failli ne jamais tenir le coup, ce cinquième anniversaire reste un moment mythique, celui où la tendance s’est inversée.


