Chapitre 1. L’enfance selon Disney : chaos, rires et ingéniosité

Dans l’univers foisonnant de Disney, les enfants ne sont jamais de simples figurants. Ils courent, rient, inventent des bêtises et transforment chaque instant en aventure. Certains débordent de curiosité, d’autres d’imagination, et tous perturbent joyeusement le quotidien des adultes. On les retrouve dans des récits ponctués de gags, de surprises et de retournements inattendus où leur énergie crée autant de chaos que de magie.

Parmi cette foule de jeunes esprits turbulents, certains se démarquent par leur manière d’allier malice, courage et sens de l’ingéniosité. Ils ne se contentent pas de suivre les adultes : ils deviennent des acteurs véritables de l’histoire, capables de provoquer des situations inattendues et de prendre leur destin en main.
C’est précisément dans l’univers des canards Disney que naît, le 17 octobre 1937, l’un des exemples les plus célèbres de ces petits chenapans : trois frères qui, derrière leurs silhouettes presque identiques, ont conquis l’imaginaire de générations entières.
Chapitre 2. Un contexte historique fertile pour de nouveaux héros
À la fin des années 1930, l’animation et la bande dessinée américaines connaissent une évolution rapide. Walt Disney est déjà célèbre grâce à Mickey Mouse et à ses courts métrages, mais il ambitionne d’étendre cet univers en créant de nouvelles figures capables d’intéresser enfants comme adultes.
Les neveux de Donald émergent donc dans un contexte où l’enfance est valorisée comme symbole de curiosité, d’audace et d’ingéniosité. Ils incarnent une jeunesse vive, inventive et souvent en décalage avec le monde des adultes.
Leur véritable naissance a lieu le 17 octobre 1937 dans un comic strip intitulé Les Neveux de Donald. L’histoire raconte comment trois jeunes canetons sont envoyés chez leur oncle tandis que leur père est hospitalisé après un accident provoqué par les enfants, qui avaient glissé des pétards sous son fauteuil. Ce gag est signé Ted Osborne au scénario et Al Taliaferro au dessin, véritables « parents » créatifs des trois petits canards.
Les noms américains des neveux, Huey, Dewey et Louie, sont inventés par l’artiste Dana Coty, inspiré par Huey Pierce Long, gouverneur puis sénateur de Louisiane, Thomas Edmund Dewey, gouverneur de l’État de New York, Louie Schmitt, animateur des studios Disney ayant travaillé sur Blanche-Neige et les Sept Nains

En francophonie, leurs noms passent d’abord par plusieurs variantes (Oscar, Nestor et Désiré en France ; Jojo, Loulou et Victor en Belgique) avant d’adopter définitivement les désormais classiques Riri, Fifi et Loulou.

Un an après leurs débuts en BD, ils apparaissent à l’écran, le 15 avril 1938, dans le court métrage Les Neveux de Donald. Ils y brillent déjà par leur espièglerie et leurs farces qui déclenchent les colères mémorables de leur oncle.
Chapitre 3. De garnements identiques à véritables héros autonomes
Au départ, les trois neveux se ressemblent en tout point : mêmes vêtements, mêmes attitudes, même caractère. Cette uniformité est utilisée pour créer des gags simples où ils perturbent la vie de Donald, provoquent des catastrophes mineures et déclenchent des situations comiques irrésistibles. Cette absence de différenciation facilite aussi le travail des artistes.

Mais cette homogénéité aurait pu devenir monotone. Le tournant survient lorsque Carl Barks, grande figure de la bande dessinée Disney, décide de leur donner plus de profondeur. Dans ses scénarios, les neveux deviennent actifs, ingénieux, capables de résoudre des problèmes et de contribuer pleinement à l’intrigue. Grâce à lui, leurs personnalités s’affinent : l’un plus réfléchi, l’autre plus audacieux, le troisième plus pragmatique. Le trio gagne en nuance, ouvrant la voie à des récits plus riches et complexes.

L’un des éléments majeurs de cette évolution est leur intégration au Club des Castors Juniors. Ce cadre leur permet d’acquérir des compétences variées : orientation, survie, connaissances scientifiques, débrouillardise. Le manuel des Castors Juniors devient leur ressource mythique, symbole de leur autonomie naissante. C’est dans cette émancipation que Riri, Fifi et Loulou se révèlent pleinement : non plus simples neveux turbulents, mais héros ingénieux, courageux et profondément attachants.
Chapitre 4. Une présence durable dans tous les médias
Les neveux poursuivent leur parcours dans de multiples formats. Aux États-Unis, les œuvres de Carl Barks puis Don Rosa forgent leur mythologie. En Europe, Italiens et Scandinaves enrichissent encore leur univers grâce à de nombreuses bandes dessinées originales, souvent plus longues et plus ambitieuses.

Côté animation, après les courts métrages des années 1930 et 1940, Riri, Fifi et Loulou accèdent au statut de vedettes avec la série DuckTales, diffusée pour la première fois en 1987. Ils y vivent des aventures complètes, affrontent des ennemis, explorent des lieux exotiques et résolvent des énigmes. Ce sont désormais de véritables héros, et non plus des comparses.
Leur succès s’étend ensuite aux jeux vidéo comme DuckTales, ainsi qu’à une quantité impressionnante de produits dérivés : jouets, figurines, vêtements, objets de collection. Leur image se transmet ainsi de génération en génération.

Aujourd’hui encore, ces trois petits canetons continuent d’inspirer, divertir et fasciner. Ils représentent l’enfance sous toutes ses facettes : turbulente, curieuse, inventive. Leur parcours prouve qu’un personnage secondaire peut devenir une figure légendaire.
Et tout a commencé un certain 17 octobre 1937.







