Dans Les Coulisses De Disneyland Paris Avec Marie-geneviève, Responsable De La Médiathèque


Marie-Geneviève Masseron occupe depuis 2008 le poste de responsable de la Médiathèque à Disneyland Paris, où elle supervise la conservation et la valorisation des archives photographiques et audiovisuelles du resort. Son rôle évolue au fil des transformations technologiques, centralisant les collections historiques et numériques pour assurer la mémoire visuelle et patrimoniale du parc.
Points clés à retenir
- Évolution des archives : Passage d’une photothèque physique à une médiathèque intégrant photos et vidéos numériques.
- Gestion rigoureuse : Indexation précise des contenus selon critères documentaires, juridiques et historiques.
- Patrimoine matériel : Conservation et numérisation progressive des supports classiques comme pellicules et diapositives.
- Fonction transverse : Collaboration quotidienne avec les équipes internes pour diffusion et valorisation des archives.
- Mission de transmission : Préservation du passé et anticipation des besoins des futures générations d’utilisateurs.

Plongée dans l’univers fascinant de Disneyland Paris révèle bien plus que ses attractions emblématiques et ses spectacles enchanteurs : c’est un véritable trésor d’histoire et de mémoire qui se cache derrière les coulisses. Au cœur de ce dispositif, Marie-Geneviève Masseron occupe une place centrale en tant que responsable de la Médiathèque, un rôle essentiel qu’elle exerce depuis plus d’une décennie.
Arrivée à la fin de l’année 2008 au sein des équipes Audiovisuel Broadcast, elle a vu l’évolution du parc au travers de ses collections photographiques et vidéographiques, devenant la gardienne des archives vivantes du resort. Son parcours, débuté à la photothèque, témoigne de la métamorphose des supports et des pratiques de conservation, en parallèle de la transformation numérique et organisationnelle du parc.
Dans cet article, nous vous invitons à découvrir les coulisses de Disneyland Paris sous un angle inédit, centré sur la mission patrimoniale de la Médiathèque et le rôle clé de Marie-Geneviève dans la sauvegarde et la valorisation de ces archives exceptionnelles. Nous aborderons d’abord la genèse et la spécificité de l’ancienne photothèque, avant de détailler la progression vers une médiathèque intégrant les contenus vidéo et la gestion centralisée des ressources.
Ensuite, nous explorerons les pratiques d’indexation rigoureuses qui permettent à Disneyland Paris de mutualiser ses contenus tout en respectant les contraintes juridiques et historiques. Puis, nous plongerons dans la « petite photothèque », véritable chasse aux trésors invisible pour le grand public, où les images encore à numériser révèlent les pépites du passé. Enfin, nous réfléchirons à la dimension patrimoniale des médias photographiques entre images argentiques et numériques et à la transmission d’une mémoire qui s’inscrit dans un avenir à construire.
Une responsable de la Médiathèque au cœur des archives vivantes de Disneyland Paris
Lorsque Marie-Geneviève Masseron intègre Disneyland Paris fin 2008, elle rejoint les équipes Audiovisuel Broadcast en qualité de responsable de la photothèque. À cette époque, cette photothèque occupe un très grand espace dédié aux supports photographiques classiques : pellicules, diapositives, d’ektas, autant de formats désormais ancrés dans l’histoire de la photographie. Sa mission consiste alors à gérer ces collections matérielles, principalement consultées sur place par le personnel du parc. Cette immersion dans les archives historiques s’accompagne progressivement du virage numérique amorcé au début des années 2000, avec les premières prises de vues digitales dès 2002, suivi par un fort développement de la numérisation à partir de 2015.
Parallèlement, l’introduction des archives vidéo – autrefois conservées séparément et gérées par le studio vidéo avec ses cassettes et bobines – conduit à une nouvelle extension de ses responsabilités. Ainsi, son rôle évolue naturellement vers celui de responsable de la Médiathèque, un service transversal rattaché à la division Marketing, sous lequel elle centralise aujourd’hui l’ensemble des contenus photographiques et audiovisuels de Disneyland Paris.
Cette fonction ne se limite pas à une simple conservation passive : il s’agit d’un travail quotidien interactif avec de nombreuses équipes, comprenant la réception, le référencement, la diffusion et la sauvegarde des supports, en veillant à la rigueur documentaire et au respect des droits d’auteurs. Cet entretien avec Marie-Geneviève révèle ainsi le fonctionnement souterrain d’une mémoire d’entreprise hors du commun, étroitement liée au développement du resort et à sa volonté de préserver son patrimoine iconographique pour les générations futures.

De la photothèque géante aux cassettes vidéo : la mémoire matérielle du resort
À l’origine, la photothèque de Disneyland Paris était un espace physique imposant, où les collections de photos sur pellicules, diapositives et d’ektas étaient rangées dans de nombreux tiroirs. Les professionnels du parc ou les équipes internes avaient coutume de se déplacer pour consulter ces images, qui représentaient un patrimoine visuel vivant du développement et de l’animation du lieu. Ce système matériel, au charme indéniable, reflétait les modes de conservation traditionnels, mais il était aussi source de limites, notamment en termes d’accès distant ou de vulnérabilité des supports.
Le tournant technologique a débuté dès 2002 avec les premières prises de vue numériques, mais ce n’est qu’à partir de 2015 que la numérisation des archives papier et argentiques s’est véritablement intensifiée, avec l’objectif d’assurer une pérennité plus solide et une exploitation documentaire facilitée. Par ailleurs, la gestion des vidéos, initialement séparée et dépendante du studio vidéo, a été progressivement intégrée à la Médiathèque, permettant une centralisation unique des supports multimédias. Ces vidéos, conservées sur des cassettes et des bobines, témoignent d’une époque révolue et nécessitent une numérisation spécifique, complétant ainsi la mémoire visuelle du parc.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus vaste, notamment avec la création récente de Disney Adventure World, l’ambitieuse reconfiguration du second parc, qui multiplie la production de contenus et renforce la nécessité d’une organisation impeccable. La Médiathèque joue donc un rôle stratégique dans la gestion et la valorisation des opérations de communication autour d’événements saisonniers comme Halloween, Noël, ou encore les nombreuses animations dédiées à ce nouveau monde Disney. En regroupant photos et vidéos issues des différents tournages et shootings, la Médiathèque facilite la diffusion vers les services de presse, Marketing, Ventes et les agences externes, illustrant sa place incontournable dans l’écosystème de Disneyland Paris.
Indexer, centraliser, conserver : le travail quotidien de la médiathèque
Le quotidien de Marie-Geneviève est rythmé par une multitude de sollicitations provenant de l’ensemble des services internes. En tant que point central pour les archives historiques, sa mission repose sur l’administration d’une base de données dématérialisées extrêmement précise et complète. Chaque photographie réceptionnée est soigneusement référencée selon un système rigoureux : il faut y mentionner la nomenclature officielle des attractions ou lieux, les mentions de copyright, les marques déposées le cas échéant, mais aussi renseigner le sujet exact de l’image, son emplacement précis et les personnes figurant sur la photo.
Cette indexation méticuleuse facilite les recherches futures, assurant que les contenus puissent être facilement retrouvés, même plusieurs années après. La collaboration avec les équipes de production photos et vidéos est essentielle pour récupérer les contenus validés, retouchés et finalisés, qu’ils émanent des tournages réguliers ou des campagnes ponctuelles. Ce travail de mutualisation et de centralisation vise à rendre les archives utilisables pour des finalités variées, que ce soit la communication interne, les campagnes marketing, ou l’usage patrimonial à long terme.
Les opérations incontournables telles que les campagnes de Halloween ou Noël mobilisent particulièrement la Médiathèque, tout comme les productions autour de Disney Adventure World, qui génèrent un volume important de photos et vidéos à gérer avec soin. Parmi les destinataires des contenus figurent la Presse, le Marketing, les équipes commerciales, mais aussi les agences externes, faisant de la Médiathèque un service transversal incontournable dans la stratégie de contenu du resort.

La ‘petite photothèque’ et la chasse aux trésors invisibles
Au-delà de la gestion moderne et numérique, une part fascinante du travail de Marie-Geneviève concerne la « petite photothèque », un ensemble de tiroirs encore remplis de pellicules, d’ektas et de formats variés, petits et moyens, qui constituent un témoignage matériel irremplaçable. Ce stock ancien, souvent méconnu, recèle des archives non numérisées qui attendent d’être révélées au grand jour. Le tri minutieux s’effectue en étroite collaboration avec Christophe, l’infographiste, qui sélectionne les meilleures photographies sur les planches originales, puis réalise leur scan.
Ce processus implique une intervention délicate : Christophe nettoie les images, élimine les poussières, et apporte un léger travail colorimétrique pour raviver la chromie sans altérer l’intégrité originale des clichés. Toutefois, toutes ces images ne sont pas systématiquement mises à la disposition de tous les services, notamment à cause des droits qui parfois ont expiré ou des éléments présents devenus obsolètes. La richesse de cet inventaire se manifeste aussi dans le rythme chronologique de numérisation, débutée sur des photos de 1991 et aujourd’hui arrivée à 1993.
Parmi les découvertes récentes, figurent par exemple les photographies d’un concert au Billy Bob’s, où l’on peut observer des musiciens de country visiblement très connus, un souvenir qui n’était pas forcément documenté auparavant. Ces petites pépites d’images anciennes continuent de surprendre aussi bien les experts que certains Cast Members qui vivaient cette époque sans imaginer l’existence de tels trésors visuels, témoignant ainsi de la valeur inestimable et encore largement inexploitée des archives historiques de Disneyland Paris.
Reconnaître une image et penser le patrimoine de demain
L’analyse des images révèle des différences marquées entre photographie argentique et numérique. Les clichés argentiques, une fois scannés, conservent un grain particulier, un relief visuel qui contraste avec la netteté et la précision extrême permise par les technologies numériques modernes. Aujourd’hui, les images numériques offrent un niveau de détail inaccessible aux appareils argentiques, mais chaque époque impose son style : les photographes des années 1990 privilégiaient une composition différente, moins centrée sur la netteté absolue, avec des vêtements et des styles vestimentaires qui, à eux seuls, permettent de dater une image. Ce regard sur le passé se prolonge avec les photographies aériennes réalisées avant la construction du parc, que Marie-Geneviève décrit comme absolument impressionnantes.
Elles offrent une perspective unique sur l’évolution du site, passant de simples champs à un lieu extraordinaire bâti en un temps record. Ces images documentent la transformation spectaculaire du paysage et conservent la mémoire de lieux aujourd’hui disparus, tout comme des vidéos anciennes qui furent diffusées dans les téléviseurs des hôtels Disney. Ces contenus, souvent imprégnés de souvenirs précieux pour certains Cast Members, illustrent l’importance de considérer tout support visuel, même récent, comme un patrimoine vivant.
En effet, ce qui n’est pas encore perçu comme historique aujourd’hui le sera très probablement demain, les visuels actuels devenant à leur tour des archives patrimoniales dans un futur proche. Marie-Geneviève souligne ainsi une interrogation fondamentale qui guide son travail : est-ce que quelqu’un, dans dix ans, sera capable de retrouver facilement cette image, même une fois qu’elle aura quitté son bureau ? Cette réflexion oblige à se mettre à la place des futurs utilisateurs, à concevoir une logique d’indexation solide et compréhensible, assurant la continuité documentaire et la pérennité des collections.

Un métier de transmission entre passé et futur
Au terme de cet aperçu, il apparaît clairement que le métier exercé par Marie-Geneviève Masseron n’est pas seulement technique ou administratif : il s’agit avant tout d’une mission de transmission culturelle et patrimoniale. Chaque image, chaque vidéo conservée dans la Médiathèque est un témoin de l’histoire collective de Disneyland Paris et l’assurance que cette mémoire visuelle ne se perdra pas. La complexité du travail repose sur l’équilibre délicat entre respect du passé et anticipation de l’avenir, avec une nécessité constante de penser la documentation en termes de continuité et d’accessibilité future. Cela implique aussi un engagement humain fort, la capacité de s’imaginer en utilisateur des archives à venir, afin que la recherche demeure fluide, claire et efficace.
La Médiathèque agit ainsi comme un pont entre plusieurs générations de Cast Members, équipes de production, et le grand public. Reliée à la division Marketing, elle revêt un rôle transversal dans l’entreprise, participant à la construction de la marque et à la valorisation d’une identité visuelle forte, fondée sur une histoire riche et authentique.
Enfin, il convient de souligner que la valeur patrimoniale des visuels ne cesse de croître, que ce soit pour les documents anciens ou pour les images produites aujourd’hui, soulignant l’importance d’un travail rigoureux pour alimenter constamment cette mémoire vivante. La mission de Marie-Geneviève, à la fois gardienne du passé et organisée pour l’avenir, illustre parfaitement la nature hybride et passionnante de cette profession au cœur des coulisses enchantées de Disneyland Paris.
